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Complémentaire santé : comment choisir son niveau de garanties

  • La rédaction AssurScope
  • Mis à jour le
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La complémentaire santé est le contrat le plus difficile à comparer du marché français, parce que ses garanties s'expriment dans une unité que personne n'utilise au quotidien : le pourcentage d'une base de remboursement administrative. Traduire ces pourcentages en euros réels est la seule façon de choisir en connaissance de cause.

En bref

Le niveau utile dépend de trois éléments : la fréquence de vos consultations, l'exposition aux dépassements d'honoraires, et l'existence de besoins optiques ou dentaires identifiés. Sans dépassement d'honoraires ni soin coûteux prévisible, un niveau élevé finance des garanties que vous n'utiliserez pas. Avec des prothèses ou une correction complexe en vue, l'écart de remboursement entre deux niveaux devient au contraire déterminant.

Lire un pourcentage sans se tromper

Quand un contrat annonce un remboursement « à 200 % », il s'agit de 200 % de la base de remboursement fixée par l'Assurance maladie pour l'acte concerné — jamais du prix que vous payez. Cette base est un tarif administratif, souvent très inférieur au tarif réellement pratiqué.

Prenons une consultation dont la base de remboursement s'élève à 30 € et qu'un praticien facture 70 €. Une garantie « 200 % » couvre au maximum 60 €, part de l'Assurance maladie généralement comprise. Il reste donc 10 € à votre charge, malgré un chiffre qui laissait imaginer une prise en charge intégrale.

Deux façons d'écrire la même garantie

Certains contrats expriment leurs garanties « Sécurité sociale incluse », d'autres « en plus de la Sécurité sociale ». Un contrat à 100 % incluant la part obligatoire rembourse deux fois moins qu'un contrat à 100 % s'ajoutant à celle-ci. Vérifiez systématiquement quelle convention le tableau de garanties applique : c'est la première question à poser.

Les postes qui font réellement la différence

Sur les soins courants remboursés à 70 % par l'Assurance maladie chez un praticien sans dépassement, tous les contrats se valent à peu près : ils couvrent le ticket modérateur. Les écarts se concentrent sur quatre postes.

Où se joue l'écart entre deux contrats
PostePourquoi il est discriminant
Dépassements d'honorairesTarifs libres, particulièrement en zone urbaine et sur certaines spécialités.
Dentaire prothétiqueProthèses et implants : la base de remboursement est très inférieure au tarif pratiqué.
Optique hors panier 100 % santéVerres complexes et montures à tarifs libres, avec des plafonds contractuels très variables.
HospitalisationChambre particulière, forfait journalier et honoraires : les montants cumulés sont les plus élevés.

Les médecines complémentaires, souvent mises en avant commercialement, portent sur des forfaits annuels modestes. Elles ne devraient jamais peser autant qu'un de ces quatre postes dans une décision.

Le panier 100 % santé, et ce qu'il change

Depuis sa mise en place, tout contrat dit responsable doit permettre l'accès, en optique, en dentaire et en audiologie, à des équipements intégralement remboursés par la combinaison de l'Assurance maladie et de la complémentaire. Les professionnels sont tenus de proposer systématiquement une offre relevant de ce panier.

Cela déplace la question : il ne s'agit plus de savoir si vous serez remboursé, mais si vous souhaitez des équipements hors de ce panier, dont les tarifs restent libres. Un assuré qui accepte les équipements du panier a besoin d'un niveau de garanties nettement plus faible qu'on ne l'imagine.

Le réflexe du devis

Pour tout soin dentaire, optique ou auditif, demandez un devis détaillé mentionnant l'offre relevant du panier 100 % santé et l'offre à tarif libre. Transmettez ce devis à votre complémentaire pour obtenir une estimation écrite du remboursement. C'est le seul moyen de connaître votre reste à charge avant d'engager la dépense.

Quand un niveau supérieur cesse d'être rentable

Le raisonnement est arithmétique. Comparez le surcoût annuel du niveau supérieur au remboursement supplémentaire qu'il procurerait sur vos dépenses réelles de l'année écoulée. Si le surcoût dépasse le gain, le niveau supérieur ne se justifie pas — sauf si vous anticipez un besoin précis.

Ce calcul explique pourquoi le même contrat peut être excellent pour un foyer et inutilement coûteux pour un autre. Il explique aussi pourquoi un contrat doit être réexaminé lorsque la situation change : arrivée d'un enfant, orthodontie, besoin optique nouveau, changement de région et donc de pratiques tarifaires.

  • Plafonds annuels : un pourcentage élevé assorti d'un plafond bas ne vaut pas mieux qu'un pourcentage modéré sans plafond restrictif.
  • Délais de carence : un contrat généreux dont les garanties dentaires ne s'appliquent qu'après plusieurs mois n'a aucun effet immédiat.
  • Contrat collectif d'entreprise : lorsqu'il existe, il est généralement obligatoire et rend un contrat individuel parallèle redondant.
  • Résiliation : après un an, un contrat de complémentaire santé peut être résilié à tout moment, ce qui rend un mauvais choix corrigeable.

En résumé

Choisir un niveau de complémentaire santé revient à répondre à une seule question : quels postes de dépense vais-je réellement mobiliser ? Convertissez les pourcentages en euros sur ces postes, vérifiez les plafonds annuels et les délais de carence, et comparez le surcoût du niveau supérieur au gain qu'il procure. Le reste — forfaits bien-être, garanties d'appel — n'a jamais fait la différence sur une facture de santé.

Questions fréquentes

Que signifie un remboursement à 300 % ?

Trois fois la base de remboursement de la Sécurité sociale pour l'acte concerné, et non trois fois le prix payé. Sur un acte dont la base est faible, un pourcentage élevé peut représenter une somme modeste. Il faut donc toujours convertir le pourcentage en euros pour l'acte qui vous concerne.

Qu'est-ce qu'un contrat responsable ?

Un contrat respectant un cahier des charges réglementaire : prise en charge du ticket modérateur, accès au panier 100 % santé, respect de plafonds sur certains postes, non-remboursement des majorations liées au non-respect du parcours de soins. La quasi-totalité des contrats du marché le sont, ce qui conditionne un traitement fiscal et social favorable.

Peut-on changer de complémentaire santé en cours d'année ?

Oui, après un an d'ancienneté, la résiliation est possible à tout moment, sans frais ni justification, et le nouvel organisme peut se charger des formalités. Avant un an, la résiliation n'est possible qu'à l'échéance ou en cas de changement de situation prévu au contrat.

Une complémentaire d'entreprise peut-elle être refusée ?

Le contrat collectif est en principe obligatoire pour les salariés, avec des cas de dispense limitativement prévus, notamment pour les contrats courts ou lorsque le salarié bénéficie déjà d'une couverture collective par ailleurs. Ces cas figurent dans l'acte fondateur du régime au sein de l'entreprise.

Les définitions utiles

Base de remboursement
Tarif de référence fixé par l'Assurance maladie, servant d'assiette au calcul des remboursements.
Ticket modérateur
Part de la base de remboursement qui reste à la charge de l'assuré après intervention de l'Assurance maladie.
Dépassement d'honoraires
Part du tarif d'un praticien excédant la base de remboursement de l'Assurance maladie.
Délai de carence
Période suivant l'adhésion pendant laquelle certaines garanties ne s'appliquent pas encore.
Contrat responsable
Complémentaire santé respectant un cahier des charges réglementaire, ouvrant droit à un traitement fiscal favorable.

Mettre en pratique

Cet article est une information générale et pédagogique. Il ne constitue ni un conseil personnalisé au sens réglementaire, ni une recommandation de contrat. Seules les conditions générales et particulières remises par un assureur déterminent les garanties applicables. En savoir plus

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